UN NOUVEAU MUSÉE EN 2021
Une architecture au service du regard
Le projet de Kengo Kuma a été choisi le 29 octobre 2012, dans le cadre d’un concours, parmi cinq propositions émanant d’architectes de renommée internationale. Le jury, composé d’élus, d’architectes et de personnalités compétentes dans le domaine patrimonial, a été séduit par l'approche innovante de l'architecte japonais.
Kengo Kuma accorde une place essentielle à la nature. Il s’efforce d’intégrer de façon harmonieuse ses constructions dans le paysage, entrant ainsi pleinement en résonance avec la réalité du site de Boulogne-Billancourt. L’œuvre de l’architecte se définit également comme une synthèse entre Orient et Occident. Il cherche à réactualiser sans passéisme de nombreuses techniques traditionnelles, plus en accord, selon lui, avec l’environnement.
Kengo Kuma, un regard contemporain sur la tradition architecturale japonaise
Né en 1954, il suit des études d’architecte et d’ingénieur au Japon. Diplômé en 1979. Il fonde son cabinet de design en 1987 et en 1990 son cabinet d’architecture. En 1997, il gagne le prix de l’institut architectural du Japon.
Son œuvre se présente comme une critique des académistes et des formalistes.
L’esprit du projet
Le nouveau bâtiment de 2 300 m², conçu comme un origami, sera un espace ouvert, rythmé par de fins écrans qui orientent la vue, favorisant à la fois la déambulation et la contemplation du jardin. Il abritera le parcours permanent, les expositions temporaires, le centre de ressources documentaires, l’espace découverte pour les familles, la librairie-boutique et le restaurant.
Les bâtiments existants, eux-mêmes chargés d’histoire, seront réhabilités et ouverts au public : la salle des plaques, les ailes latérales de la serre et sa terrasse, la salle de conférence et la grange vosgienne. Ils seront traités avec le plus grand respect pour la qualité et la cohérence du patrimoine historique légué par Albert Kahn. La muséographie tiendra compte de la contrainte de refaire l’histoire « en son lieu même ». Les volumes et les installations d’origine resteront lisibles.
Le geste architectural :
un projet en harmonie avec l’environnement et l’histoire du site
L'architecte japonais Kengo Kuma a élaboré un projet ambitieux et respectueux du patrimoine existant. Une alchimie opère entre les bâtiments anciens et récents et le jardin que l'alchimie opère.
Valoriser les collections et améliorer l’accueil des visiteurs
Conçu comme une exploration dans l’ensemble des collections, le nouveau parcours de visite du musée, réparti sur l’ensemble du site, oscillera entre sphère publique et sphère privée : dans la peau d’un invité d’Albert Kahn, le visiteur sera invité à découvrir l’hôte des lieux, son projet de consignation du réel, ainsi que les techniques photographiques novatrices employées au service de son discours.
Cette immersion dans l’œuvre d’Albert Kahn invitera tous les publics à explorer les collections dans des conditions optimales, mobiliser leur sensibilité, leur imaginaire et leur curiosité à l’aide de dispositifs de médiation novateurs.
Au-delà de ce parcours, plusieurs équipements favoriseront un accueil attentif, confortable et convivial du public : v Un espace ludique et gratuit dédié aux familles v Une librairie-boutique v Un restaurant v Une mise en lumière du jardin v La réhabilitation de l’ancienne galerie d’exposition pour accueillir un auditorium de 100 places, une salle pour les ateliers pédagogiques et une salle de conférence.
Le nouveau musée : Un bâtiment comme symbole.
S’inspirant de la relation particulière d’Albert Kahn avec le Japon, le projet architectural met en scène le rapport du dehors et du dedans, du bâtiment et de la ville, du musée et du jardin.
A l’extérieur, le nouveau musée, aligné au sud sur la rue du Port s’inscrit comme prolongement de la place du rond-point Rhin et Danube. Le bâtiment prend sa forme d’abord dans l’expression d’une grande toiture qui recouvre et unifie le projet, exprimant une dynamique qui se retourne en façade comme un origami. La façade côté ville se compose de lames d’aluminium ondulant qui donnent à entrevoir l’activité du musée. Le jour, cette peau tridimensionnelle anime à l’intérieur les espaces d’expositions ; la nuit, le bâtiment devient lanterne. Le métal signale la présence du musée à la rue et les lignes qu’il dessine renforcent l’unité du projet avec le mur d’enceinte et le bâtiment de l’ancienne galerie réhabilitée.
Une entrée claire et déjà urbaine, entraine le visiteur à passer par un jeu de rampe en sous-face des galeries, de la rue du Port à la place haute. Il s’agit pour le musée-jardin d’inviter et de s’inviter à la ville.
Une fois passée l’entrée, un nouveau vocabulaire architectural se déploie. Le jeu subtil d’écrans en bois et aluminium rythme la façade intérieure, en dynamise les lignes, tout en lui conférant un aspect organique en communion avec le jardin. Le projet donne forme au dialogue entre bâtiment et jardin par un travail non sur l’un ou l’autre, mais sur l’entre-deux, au travers d’un élément emprunté à l’architecture traditionnelle japonaise : l’Engawa. Cet espace limitrophe entre intérieur et extérieur fait à la fois office d’espace de distribution et de contemplation.
La réinterprétation de cet élément qui se développe sur l’ensemble des bâtiments en un fil de bois et de métal permet de tisser un lien entre les différents éléments du site. Il forge une identité à l’ensemble et lui redonne une lisibilité, affirmant la cohérence de sa composante muséographique avec le jardin. Ainsi c’est l’élément conceptuel fort du projet autour duquel se lient les thèmes qui font l’identité du site : Japon, jardin, collections ; un dialogue qui respecte et fait sens avec l’héritage intellectuel d’Albert Kahn et son aspiration à un monde réconcilié.
Rendez-vous en 2021 pour découvrir le nouveau musée
NOUVELLE PROGRAMMATION CULTURELLE DU MUSÉE
- Sur le site internet du musée : albert-kahn.hauts-de-seine.fr
- Sur les réseaux sociaux : comptes Facebook et Instagram
- A travers sa newsletter : inscription sur le site internet du musée
- Dans le guide bimestriel Vallée-culture Hauts-de-Seine
Mécénat
Grâce au mécénat de la Fondation Total, la Fondation du patrimoine a apporté un soutien de 150 000 euros à la restauration de la serre du musée Albert-Kahn.
L’héritage d’Albert-Kahn
Le musée départemental Albert-Kahn conserve une double collection, datant du début du XXe siècle, héritée du banquier philanthrope du même nom. Il est composé d’un jardin de neuf scènes paysagères d’inspirations culturelles différentes, et une collection de photographies couleurs et de films muets appelée « Les Archives de la Planète » (1909-1931). Ces archives retracent un panorama de l’état d’une cinquantaine de pays au début du XXe siècle.
Ces deux collections ont pour ambition de faire comprendre aux élites de son temps que la diversité culturelle est une richesse. De cette manière, Albert Kahn souhaite transformer la manière de gouverner le monde, en formant un réseau d’élites, s’appuyant sur la connaissance du monde et de ses mécanismes.
Un jardin « Belle époque » unique
Histoire d'une œuvre arborée et pacifiste
Lorsqu’il devient propriétaire de l’hôtel particulier en 1895, Albert Kahn se consacre à sa passion pour l’art du jardin, dans cet écrin aménagé en 1894, par le paysagiste Eugène Deny.
Jusqu’en 1910, il constitue le terrain de son jardin en achetant progressivement une vingtaine de parcelles, rassemblées sur près de quatre hectares. Cette démarche conduit à la création d’un genre de jardin bien particulier au XIXe siècle : le jardin dit « de scènes ».
Chaque jardin est une référence à un courant de l’art des jardins. Le style « régulier » dans le jardin français, le style « paysager » dans le jardin anglais, le « japonisme » dans le jardin japonais. Ces jardins sont le pendant végétal de l’œuvre du banquier dédiée à un idéal de paix universelle, à travers la connaissance respective de chaque culture
Un réaménagement respectueux du patrimoine naturel
Dans le cadre de la rénovation du musée, les interventions effectuées au sein du jardin, limitées au strict minimum, sont menées dans le respect des règles de préservation.
A l'instar de tout le travail de restauration entrepris depuis les années 1990 à l'appui des autochromes, elles prennent en compte les logiques paysagères dictées par l'histoire et l'esprit du lieu.
L’articulation du nouveau bâtiment et du jardin anglais a été conçue dans un réel souci d’intégration. Les plantations envisagées sur ce secteur restent dans l'esprit de la scène paysagère contigüe pour assurer une continuité visuelle.
Le tracé des allées n'est pas modifié. Le travail du paysagiste reste cantonné à des espaces qui ne sont pas aujourd’hui accessibles au public : l'arrière de la serre, actuellement une aire bétonnée, est qualifié en extension de la forêt vosgienne, et l'espace situé entre les différents bâtiments de l'administration, actuellement délaissé et peu entretenu, retrouve un caractère paysagé.
Une restauration des maisons japonaises dans les règles de l’art
Le Département des Hauts-de-Seine s’est engagé depuis de nombreuses années dans la restauration et la conservation du patrimoine du jardin du musée. Les deux maisons japonaises, importées en France à la fin du XIXe siècle, ont ainsi été rénovées en 2015-2016, grâce au travail de Maîtres charpentiers japonais spécialisés dans la restauration de bâtiments patrimoniaux.
La collection d’images des Archives de la Planète
Le musée départemental Albert-Kahn conserve les Archives de la Planète, un ensemble d'images fixes et animées, réalisé au début du XXe siècle, consacré à la diversité des peuples et des cultures.
Albert Kahn est animé par un idéal de paix universelle. Sa conviction : la connaissance des cultures étrangères encourage le respect et les relations pacifiques entre les peuples. Il perçoit également très tôt que son époque sera le témoin de la mutation accélérée des sociétés et de la disparition de certains modes de vie.
Il crée alors les Archives de la Planète, fruit du travail d'une douzaine d'opérateurs envoyés sur le terrain entre, 1909 et 1931, afin de saisir les différentes réalités culturelles dans une cinquantaine de pays.
L'ambition du projet l'amène à confier sa direction scientifique au géographe Jean Brunhes (1869- 1930), un des promoteurs en France de la géographie humaine.
Deux inventions des frères Lumière sont mises à contribution : le cinématographe (1895) et l'autochrome, premier procédé photographique en couleur naturelle (1907).
Les Archives de la Planète rassemblent une centaine d'heures de films et 72 000 autochromes, soit la plus importante collection au monde.
Pour la première fois, près de 30 000 images sont disponibles en ligne. Après une campagne de numérisation et de documentation de près de 10 ans, les collections numérisées sont désormais accessibles à tous, sur Internet : collections.albert-kahn.hauts-de-seine.fr
La diffusion de la collection des Archives de la Planète sur la plateforme Open data départementale permet de les mettre gratuitement à disposition des utilisateurs, à des fins strictement informationnelle, pédagogique, culturelle et scientifique. Le choix d'une diffusion en Open data inscrit le musée dans une démarche d'ouverture des données, et de connaissance partagée autour des collections. Il est possible d’explorer les fonds par entrées thématiques ou en naviguant sur la carte mondiale proposée sur le site.
Un voyage inédit à travers un premier ouvrage complet
Le Musée départemental Albert-Kahn livre un nouveau regard sur ses collections avec Les Archives de la Planète, sous la direction de Valérie Perlès, en collaboration avec les éditions Lienart, au prix de 38 euros. Cet ouvrage recense 350 autochromes pris par les opérateurs des Archives de la Planète. Ces derniers, à la demande d’Albert-Kahn, ont parcouru une cinquantaine de pays pour faire l’inventaire d’un monde en pleine mutation, et donner aux hommes les moyens de mieux se connaître, au nom du progrès et de la paix.
POUR ALLER PLUS LOIN
https://albert-kahn.hauts-de-seine.fr/un-nouveau-musee-pour-2021/l-ambition-du-projet
Les chiffres-clés
26,7 millions d’euros investis
Un nouveau bâtiment de 2 300 m²
4 600 m² de surface
https://albert-kahn.hauts-de-seine.fr/les-collections/l-oeuvre-d-albert-kahn
https://albert-kahn.hauts-de-seine.fr/professionnels/enseignants
En attendant l’ouverture du nouvel équipement en 2021, l’équipe de médiation propose tout au long de l’année scolaire 2020-2021 une offre pédagogique hors-les-murs : des ateliers animés par les médiateurs du musée dans les établissements scolaires et des outils à utiliser en autonomie.
Focus sur la réouverture du jardin
Le Département a profité des travaux de rénovation du musée pour procéder à la mise en lumière scénographique du site. Les scènes paysagères du jardin sont valorisées par la pose de 450 projecteurs, et équipements divers, représentant 1827 ampoules LED basse consommation. L'objectif de cette scénographie unique : marquer par un tracé lumineux le futur cheminement des visiteurs entre les différents bâtiments. Sur place, outre des promenades dans les différentes scènes du jardin, on peut découvrir grâce à cette mise en valeur lumineuse une partie de la nouvelle architecture du musée avec notamment la façade du nouveau bâtiment destiné à accueillir la grande galerie d’exposition et la serre en cours de restauration
Ce parcours sera accessible aux personnes à mobilité réduite et s’organisera autour de la visite du jardin et de la découverte de l’ensemble des expositions, qu’elles soient permanentes ou non. La mise en lumière de ce parcours permettra de valoriser le lieu sans être pour autant omniprésente.
Certains points focaux jalonnant le parcours permanent feront l’objet d’une valorisation accrue et spécifique afin de ponctuer la visite.
En guise d’exemple, la mise en valeur lumineuse du marronnier et du platane situés derrière le secteur du marais, permettra d’optimiser la perspective paysagère, de créer un point focal surprenant, et invitera le visiteur à poursuivre sa découverte des lieux.
Certaines façades ou parties de façades de bâtiments jalonnant le parcours, seront également à rehausser par le biais d’un éclairage minimaliste. Il permettra de valoriser le bâti sans que ce dernier ne prenne le dessus sur le jardin environnant.
Cette mise en lumière a pour objectif la valorisation du jardin dans son ensemble depuis les bâtiments muséaux périphériques. En effet ce dernier pourra, de par la transparence des parois des bâtiments, être apprécié par le public depuis l’intérieur du musée.
INFORMATIONS PRATIQUES
https://albert-kahn.hauts-de-seine.fr/
Horaires d’ouverture du jardin
Les 21-22 septembre : 11h-22h le samedi, 11h-19h le dimanche Du 24 au 30 septembre : 11h-19h / Du 1er octobre au 31 décembre : 11h – 18h
Fermeture le lundi
Tarifs Les 21-22 septembre : gratuit. Du 25 au 29 septembre : semaine de gratuité A partir du 1er octobre : 4€ plein tarif, 3€ tarif réduit, gratuit pour les moins de 18 ans, 25 €
le pass abonnés donnant accès en illimitée à toute l’offre du jardin in situ
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