EXPOSITION > 6 SEPTEMBRE 2020
MUSÉE CAMILLE CLAUDEL
Le musée Camille Claudel met à l’honneur les « Sculpteurs du travail » qui, entre 1880 et 1920, cherchèrent à accorder la sculpture – genre par essence noble et « sérieux » – à l’un des sujets les plus prosaïques de la tradition artistique, celui du travail.
Longtemps cantonnée aux marges de la création artistique, la représentation du travail envahit le champ de l’art à partir des années 1870-1880. Des sculpteurs tels Meunier, Dalou et Rodin rompent alors avec les usages académiques qui réservaient l’art statuaire monumental à la représentation des rois, des princes et des « grands hommes ».
D’humbles travailleurs deviennent des héros de marbre ou de bronze et acquièrent une dignité nouvelle. Représenter paysans, mineurs ou maçons dans leurs activités quotidiennes devient pour les artistes un marqueur de modernité, un signe de progressisme, dans un style souvent très réaliste, voire naturaliste.
L’exposition décrit d’abord comment, de l’allégorie au réalisme, le travail entre en scène. Dans la majeure partie du XIXe siècle, l’aspect laborieux et la pénibilité sont soigneusement gommés sous la forme d’allégories idéalisées du progrès. Pour le Louvre et le décor de la façade sud du Pavillon de Flore, Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) réalise La France impériale portant la lumière dans le monde et protégeant la Science et l’Agriculture (1863). Plus tard, la fontaine des Quatre Parties du Monde, avenue de l’Observatoire à Paris, inspirera Auguste Bartholdi (1834-1904) pour Les Grands Soutiens du Monde (1902) représentant le Travail, la Justice et le Patriotisme.
À partir des années 1870, avec l’avènement de la IIIe République, naissent les premiers travailleurs « réalistes », sculptés à la faveur de grandes commandes publiques. Le travail devient alors un thème décoratif ornant les murs des mairies de la République. Les instances officielles n’hésitent plus à exalter travailleurs, artisans ou paysans, et à leur édifier des statues sur les places publiques.
L’engouement pour le sujet culmine vers 1900 où plusieurs grands sculpteurs imaginent de colossaux monuments qui rendent hommage aux travailleurs. Très peu d’entre-eux voient le jour mais l’exposition rend compte de l’ampleur de trois de ces projets : le Monument au Travail conçu par le peintre et sculpteur belge Constantin Meunier (1831-1905), la Tour du Travail d’Auguste Rodin (1840-1917) imaginée à l’origine pour l’Exposition universelle de 1900, et le Monument aux ouvriers de Jules Dalou (1838-1902) qui œuvra près de quinze ans pour rendre hommage au monde des ouvriers sans pouvoir mener à bien son projet.
L’art officiel, s’il se teinte de réalisme à partir des années 1880, prend cependant rarement en compte la face sombre du travail, alors même que, sous l’influence des penseurs socialistes, la question ouvrière occupe une place croissante dans les débats politiques du temps.
Si dans la société républicaine et bourgeoise, le travail acquiert une connotation positive dont il était totalement dépourvu auparavant, certains artistes comme Victor Prouvé (1858- 1943) ou Constantin Meunier – dont le spectaculaire Grisou, femme retrouvant son fils parmi les morts (1889) livre un poignant écho sculptural au Germinal de Zola paru en 1885 – en viennent à dénoncer les méfaits du travail industriel : la figure du mineur devient ainsi emblématique du travail ouvrier, pénible, extrêmement physique et peu rémunéré.
Bien qu’aucun des grands monuments rêvés par Meunier, Dalou et Rodin n’ait vu le jour – en tous cas pas sous la forme souhaitée par leur créateur – le thème du travail n’en demeure pas moins présent dans la sculpture du début du XXe siècle. L’idée d’élever un monument aux travailleurs habite encore certains artistes, comme en témoignent les projets d’Henri Bouchard (1875-1960) ou le monument à la gloire des mineurs conçu par Antoine Bourdelle (1861-1929) et inauguré à Montceau-les-Mines en 1930.
Même si la modernité artistique s’éloigne de plus en plus de la représentation réaliste des travailleurs, les thèmes du corps en mouvement, de l’effort physique ou de « l’homme machine » continuent toutefois d’inspirer les sculpteurs.
Riche de 150 œuvres, l’exposition est l’occasion de présenter des œuvres inédites et des sculptures rarement montrées, provenant de musées français (Petit Palais, musée d’Orsay…) et des musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.
POUR ALLER PLUS LOIN
http://www.museecamilleclaudel.fr/fr/musee/histoire-du-musee
Le musée Camille Claudel
Ouvert depuis le 25 mars 2017, le musée Camille Claudel présente une importante collection de sculptures de la seconde moitié du XIXe au début du XXe siècles et la plus importante collection d’œuvres de Camille Claudel.
La ville de Nogent-sur-Seine rend ainsi le plus bel hommage à une artiste exceptionnelle, sculpteur au geste élégant et singulier, Camille Claudel, et met également en valeur l’œuvre des statuaires nogentais, comme Paul Dubois et Alfred Boucher qui ont fondé, en 1902, le précédent musée.
Le geste de l’architecte Adelfo Scaranello. Juin 2015
Proposer un dispositif architectural pour présenter l’œuvre de Camille Claudel est le point de départ et la finalité de ce musée. La muséographie est réduite à sa plus simple expression, la force de l’artiste parle d’elle-même.
Seule une harmonie de couleur a été recherchée entre les sols, les peintures et le mobilier afin de laisser au mieux s’exprimer les œuvres.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Claudel#Portraits_de_Camille_Claudel_par_Rodin_et_Boucher
C’est à Nogent-sur-Seine que la vocation de sculpteur qui va remplir la vie de Camille Claudel se dessine. Elle a douze ans lorsque son père est nommé conservateur des hypothèques dans le chef-lieu de canton de l’Aube. Louis-Prosper Claudel occupe ce poste de 1876 à 1879, trois années qui vont compter dans la vie de sa fille aînée.
Dans cette région de potiers, la fillette se passionne pour le modelage.
Cette activité prend une telle importance dans le cocon familial, que ce père attentif en vient à solliciter l’avis d’Alfred Boucher, lauréat d’un second prix de Rome en sculpture en 1876, dont les parents résident à Nogent. Cette rencontre est décisive. Alfred Boucher décèle le premier talent de Camille Claudel alors autodidacte. Il lui enseigne les rudiments de la sculpture, la corrige, encourage et conforte ses choix. Il est convaincu de ses qualités artistiques.
L’avis d’Alfred Boucher a incontestablement été déterminant dans la décision de Louis-Prosper Claudel d’installer à Paris, en 1881, sa femme Louise-Athanaïse Claudel et ses trois enfants, Camille, Louise et Paul, pour leur offrir les meilleures études.
A Paris, Camille Claudel suit des cours à l’Académie Colarossi, et partage un atelier avec de jeunes étudiantes anglaises. Alfred Boucher passe deux fois par semaine pour suivre ses travaux jusqu’en 1882. Une médaille d’or au Salon des artistes français lui donne l’opportunité d’un voyage d’études à Florence. Avant son départ en Italie, il obtient d’Auguste Rodin qu’il prenne le relais. Ce choix n’est pas anodin : pour Alfred Boucher, qui avait orchestré sa défense au moment de l’affaire de l’Âge d’airain, Rodin est le meilleur sculpteur de son temps.
En 2008, c’est comme une seconde rencontre lorsque les œuvres de Camille Claudel rassemblées par Reine-Marie Paris et Philippe Cressent sont acquises pour enrichir le musée créé à Nogent-sur-Seine par Alfred Boucher en 1902.
http://www.museecamilleclaudel.fr/fr/collections/les-incontournables
Commissariat : Cécilie Champy-Vinas, conservatrice au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris Cécile Bertran, conservatrice en chef, directrice du musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine Catalogue : Les Sculpteurs du travail : Meunier, Dalou, Rodin…, 112 pages, éditions Snoeck,
INFORMATIONS PRATIQUES
http://www.museecamilleclaudel.fr/fr/infos-pratiques/disposition-pour-votre-visite
La boutique du musée présente une sélection d’ouvrages et de produits dérivés autour des œuvres et de la vie de Camille Claudel et des collections de sculptures du musée : guide des collections, catalogues d’exposition, cartes postales, articles de papeterie... Elle se trouve à proximité de la banque d’accueil.
http://www.museecamilleclaudel.fr/fr/infos-pratiques/nogent-sur-seine-et-ses-environs
Patrimoine culturel
Atmosphère XIXe
Il fait bon flâner dans les rues de Nogent-sur-Seine. Aux portes de l’Aube et de la Champagne, une balade le long du fleuve et sur les berges de l’Ile Olive, permet de se plonger dans une atmosphère XIXe siècle qui fait le charme de la ville.
Musée Camille Claudel
10 rue Gustave Flaubert
10400 NOGENT-SUR-SEINE
museecamilleclaudel.fr
03 25 25 51 70
Horaires
Du 1er avril au 30 octobre
Du mardi au vendredi de 11 h à 18 h
Du samedi au dimanche de 11 h à 19 h
Fermé le lundi
Tarifs
Plein tarif : 7 € | Tarif réduit* : 4 €
Billet jumelé avec le château de La Motte-Tilly : 10 €
Gratuit le premier dimanche du mois
* voir le détail des réductions et gratuités sur museecamilleclaudel.fr
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