16 SEPTEMBRE 2020 – 11 JANVIER 2021
COLLECTION FOCUS / LES BICHES BY MARIE LAURENCIN
SALLE DOCUMENTAIRE, NIVEAU -2
« Il n’est pas question d’amour mais de plaisir » (Francis Poulenc)
Pour la saison 1924, Serge Diaguilev, l’illustre directeur des Ballets russes, commande un ballet à de jeunes artistes alors déjà assez en vue. Il choisit ceux qui incarnent le mieux un moment qu’il veut léger et élégant : Francis Poulenc pour la partition, Bronislava Nijinska - la sœur du célèbre danseur - pour la chorégraphie, Marie Laurencin pour les décors et les costumes.
Dans un ensemble parfait, ils créent un « Ballet d’atmosphère » affranchi de l’argument et de la narration, dont le seul véritable thème est le désir : quelques jeunes femmes sophistiquées et trois jeunes hommes sont réunis dans un vaste salon baigné de soleil, meublé uniquement d’un immense canapé bleu pour un marivaudage distingué et plein d'ironie. Le livret se résume à un titre, Les Biches. Trente ans plus tard, Poulenc se souvient dans les Entretiens avec Claude Rostand : « Je cherchais un titre animal, comme Les Sylphides, et tout à coup je m’écriai : « Pourquoi pas les Biches ? » jouant ainsi sur le côté animal de certaines femmes de Marie Laurencin, et sur le double sens du mot biche dans la langue française, Biches, pour cette raison, est intraduisible en anglais ». Au lendemain de la création du ballet à Monte-Carlo le 6 janvier 1924, la presse bruisse d’éloges. « Les Biches est une œuvre étincelante de jeunesse et de joie » note le Matin.
Marie Laurencin s’engage avec enthousiasme dans cette première expérience de décors et de costumes alors que sa carrière est déjà couronnée de succès. L’artiste a été la compagne de Guillaume Apollinaire comme celle des origines du cubisme. Après la guerre vécue loin de Paris, elle reprend place sur la scène artistique exécutant les portraits de brillantes personnalités mondaines, Cocteau, la baronne Gourgaud, Coco Chanel, lady Cunard... Ses marchands l’accompagnent, Paul Rosenberg surtout mais aussi Paul Guillaume avec qui elle se lie d’amitié. Ce dernier conserve dans sa collection la composition qui, exécutée en grand, a constitué le rideau de scène du spectacle. Avec ces décors, achèvent de se mettre en place nombre des caractéristiques qui définissent jusqu’à la fin la peinture de Laurencin, l’amie dont Jean Cocteau disait « Équivoque gracieuse. c’est une gazelle ».
FOCUS COLLECTION
16 September 2020 – 11 January 2021
For the 1924 season, Serge Diaghilev, the illustrious director of the Ballets Russes, commissioned a ballet from some prominent young artists. He chose those who best embodied a moment that he wanted to be light and elegant: Francis Poulenc for the score, Bronislava Nijinska – sister of the famous dancer – for the choreography, and Marie Laurencin for the sets and costumes.
Working perfectly together, these three young artists created a "ballet of atmosphere" without any plot or narrative, and whose only real theme was desire: a few sophisticated young women and three young men are gathered in a huge room bathed in sunlight, furnished only with an enormous blue sofa, where they engage in refined gallant banter and much irony. The libretto is summed up in the title, Les Biches. Thirty years later, Poulenc recalled in Entretiens avec Claude Rostand: "I was looking for an animal title, like Les Sylphides, and suddenly I cried out: ‘Why not Les Biches?’ playing on the animal side of some of Laurencin's women, and on the double meaning of the word 'biche' in the French language. This is the reason why Biches cannot be translated into English". The day after the ballet opened in Monte Carlo on 6 January 1924, the press was abuzz with praise. "Les Biches is a sparkling work of youth and joy" commented Le Matin.
Marie Laurencin threw herself enthusiastically into this first experience of designing sets and costumes even though she already had a highly successful career. She had been Guillaume Apollinaire’s partner and was involved with the early Cubists. After the First World War spent far from Paris, she took her place once again on the art scene producing portraits of society figures such as Jean Cocteau, Baroness Gourgaud, Coco Chanel and Lady Cunard. Her dealers accompanied her, Paul Rosenberg above all, but also Paul Guillaume who became a close friend. Guillaume retained in his collection, the composition, which, produced on a large scale, was used for the stage curtain for the performance. A number of characteristics that defined Laurencin’s paintings from then on, were established with these sets. Cocteau would refer to her as "A graceful ambiguity, a gazelle".
POUR ALLER PLUS LOIN
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Laurencin
Marie Laurencin, née le 31 octobre 1883 à Paris Xe et morte le 8 juin 1956 à Paris VIIe, est une artiste-peintre figurativefrançaise, mais aussi une graveuse et une illustratrice, étroitement associée à la naissance de l'art moderne.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Biches
Les Biches est un ballet en un acte de Bronislava Nijinska, musique de Francis Poulenc, décors et costumes de Marie Laurencin. L'attribution fréquente de l'argument du ballet à Jean Cocteau est erronée1
Vaguement inspiré par Les Sylphides, ce ballet est un marivaudage entre des jeunes femmes du monde et trois jeunes gens à l'allure sportive.
La toile de scène de Marie Laurencin est conservée à Paris, au Musée de l'Orangerie (collection Walter-Guillaume).
Le chorégraphe Thierry Malandain a créé en 2002 pour le centre chorégraphique d'Aquitaine une version inspirée de celle de Bronislava Nijinska mais plus contemporaine.
https://www.numeridanse.tv/videotheque-danse/les-biches
Crédits photos
Marie Laurencin (1883 – 1956) Les Biches, 1923 Huile sur toile 73 x 92 cm © RMN-Grand Palais (musée de l'Orangerie) / Hervé Lewandowski © ADAGP, Paris 2020
https://www.musee-orangerie.fr/fr/oeuvre/les-biches
Cette toile est un modèle pour le rideau du fond de scène de l’opérette Les Biches, qui fut commandée en 1923 à Marie Laurencin par Serge de Diaghilev (1872-1929), directeur des Ballets russes. Marie lui avait été recommandée par le compositeur Francis Poulenc (1899-1963), auteur de la musique et devait dessiner les décors et les costumes de l’œuvre. Les Biches étaient plus exactement un "ballet en un acte avec chants" sur un livret du poète Jean Cocteau (1889-1963), dont les chorégraphies furent réglées par la sœur du danseur Nijinski. L’œuvre fut créée le 6 janvier 1924 à l’opéra de Monte-Carlo avec deux autres ballets. Elle connut un grand succès et était très attendue à Paris, où elle fut donnée au théâtre des Champs-Élysées dans le cadre des huitièmes Jeux Olympiques.
La composition en étoile s’organise autour de la femme-biche ou femme sirène centrale autour de laquelle gravitent les autres éléments : femme, animaux, guitare sans corde. Marie Laurencin avait préparé cette toile par un dessin et une aquarelle. Elle réalisa ce tableau durant l’été 1923 dans le Midi puis à Paris. Le rideau lui-même fut peint par un prince russe. Marie vécut sa participation aux Biches comme un manifeste artistique. Elle affectionnait particulièrement cette toile qu’elle accrocha un temps dans son salon.
Provenance : Paul Guillaume ? ; Domenica Walter
Marie Laurencin18831956
Les Biches
1923
Huile sur toile
73
92
RF 1963-58
Signé en bas à droite en noir : Marie Laurencin 1923
© RMN-Grand Palais (musée de l'Orangerie) / Hervé Lewandowski © ADAGP, Paris 2015
INFORMATIONS PRATIQUES
Horaires : tous les jours - sauf le mardi, le 1er mai et le matin du 14 juillet - de 9h à 18h (fermeture des caisses à 17h15 – évacuation à 17h45) Tarification : droit d’entrée au musée : tarif unique 11€ / tarif réduit 8,50€
Accès : Jardin des Tuileries, côté Seine, 75001 Paris
#MUSEEDELORANGERIE#LESBICHESDEMAIRELAURENCIN#EXPOSITION#PEINTURE#CULTUREETPLUS#
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