HATCHIKIAN GALLERY ET QUAI 36
> 3 SEPTEMBRE 2022
Hatchikian Gallery et la Maison de Production d’Art Quai 36 ont le plaisir de présenter l’artiste Vincent Abadie Hafez aka Zepha pour une exposition événement intitulée Art Habité, qui se déclinera à travers deux lieux : chez Quai 36 au sein du nouveau pôle culturel de la Fondation Fiminco à Romainville, destination artistique de l’est parisien, et à l’Hôtel Claridge sur les Champs- Élysées à Paris.
« Ma création est une poésie graphique et urbaine qui cherche à relier l’Homme avec lui-même et avec le tout, en dévoilant l’invisible des liens mémoriels qui se tissent entre passé, présent et futur. Elle révèle l’éternelle beauté du geste en fixant la trace de son mouvement éphémère au sein d’une composition à l’équilibre fragile. »
UNE EXPOSITION A MULTIPLES SEQUENCES POUR APPRECIER L'ŒUVRE DE VINCENT ABADIE HAFEZ.
Hatchikian Gallery renouvelle sa collaboration avec la Maison de production d’art Quai 36 pour présenter le travail de Vincent Abadie Hafez aka Zepha en deux lieux différents pour deux scénographies et deux regards sur l’œuvre de l’artiste. L’exposition intitulée Art Habité se tiendra chez Quai 36 au sein du nouveau pôle culturel autour de la Fondation Fiminco à Romainville qui s’impose désormais comme une nouvelle destination artistique de l’est parisien, et au Claridge, hôtel mythique témoin des mouvements de la vie artistique parisienne du XXe siècle.
UNE ŒUVRE NOURRIE DE SOURCES MEMORIELLES, ENTRE HOMMAGE ET INDISCIPLINE CREATIVE.
L’œuvre de Vincent Abadie Hafez, de l’art urbain aux installations et toiles en atelier, est profondément nourrie de voyages, de découvertes cosmopolites et d’affinités artistiques en quête des sources d’un langage esthétique universel qui nous inscrit dans un monde commun. Zepha a d’abord expérimenté la gestuelle créative vandale au sein du groupe de graffeurs parisiens GAP avant d’affirmer la singularité de son propos graphique en atelier, sans pour autant renoncer aux interventions murales en Europe et au Moyen-Orient qui restent pour lui l’occasion de précieux échanges et de rencontres fécondes. C’est ainsi que sa pratique s’est enrichie des savoir-faire et des enseignements de l’artisanat ancestral de la calligraphie. De la calligraphie à la gestuelle du graffiti, il y a pour l’artiste une continuité de langage visuel qui transmet l’écriture du récit de la civilisation en se renouvelant d’apports indisciplinés et singuliers. Ses rencontres avec le calligraphe marocain Abdelatif Moustad, l’artiste soudanais Ahmed Abdel Aal et l’artiste irakien Hassan Massoudy ont profondément marqué l’évolution de son œuvre vers la représentation stylisée du texte comme élément essentiel de ses compositions abstraites.
LA CALLIGRAPHIE, UNE INSPIRATION MAJEURE.
Le travail de Vincent Abadie Hafez explore ce qui nous relie par delà les cultures, ce récit qui se transmet depuis la source mémorielle, s’enrichit de métissages et s’actualise de créativité, à la fois intemporel et éminemment contemporain. Sa démarche artistique est portée par l’intérêt pour les civilisations anciennes mémoires de l’humanité : il s’inspire de l’amplitude de l’écriture calligraphiée et de ses infinis possibles à imaginer pour déployer une langue visuelle qui rend hommage à la source manuscrite tout en lui offrant la vitalité inédite d’une esthétique frondeuse. L’œuvre de Vincent Abadie Hafez est résolument insoumise, tout en honorant ce qui nous précède et nous donne consistance pour composer avec l’altérité. Une appropriation libre et créative qui inscrit la marque unique de l’artiste dans les racines communes, nous invitant à prendre en compte nos ancrages non pas comme des enfermements mais des racines à partir desquels s’ouvrent les horizons. Les cercles et les courbes du langage graphique de Vincent Abadie Hafez sont autant de tracés des liens invisibles qui tissent et métissent l’humanité.
UN ART HABITÉ QUI NOUS RELIE.
“Art Habité” par l’Homme et ce qui le dépasse, le transcende, art comme langage universel marqué de l’empreinte du temps, de la part de l’autre et de la part de soi. “Art Habité” qui investit l’espace-temps, comme un jeu de composition entre les pleins et les vides, venu d’une gestuelle à la fois réfléchie et instinctive, comme si la main originale de l’artiste était guidée par l’implicite de tout ce qui le précède. “Art Habité” comme un état particulier de l’artiste en tension créatrice, dans la douce transe d’une danse du pinceau dans le mouvement de laquelle il est à la fois lui-même et un autre, hors du temps, comme habité d’une présence.
UNE PRÉSENTATION CHEZ QUAI 36 AU SEIN DE LA FONDATION FIMINCO À ROMAINVILLE.
Chez Quai 36 au sein de la Fondation Fiminco à Romainville, nouveau pôle artistique et culturel de l’est parisien en plein bouillonnement de projets créatifs, le travail est de Vincent Abadie Hafez sera présenté en deux séquences d’exposition.
Art Habité Partie 1, du 18 juin au 3 septembre, dévoilera des œuvres qui explorent l’esthétique du trait calligraphique, à la fois comme signe et signifiant, dans des lignes et formes épurées en déclinaisons de couleurs sobres. Vincent Abadie Hafez conjugue un alphabet stylistique d’où fusent les mots, les mots qui parlent la langue des poètes, celle des métaphores, des sens multiples, des questions en suspens, des nuances et des équivoques, une langue dont la beauté graphique iconoclaste annonce la résistance à la novlangue nomenclaturée d’un monde forclos. L’artiste utilise différents supports : toiles, “matrices” gravées sur zinc, bas-reliefs de bois, qu’il travaille à l’encre, à la bombe, à l’acrylique, pour des effets de volume et de matière qui donnent aux lettres calligraphiées un relief et un élan particuliers, composant un dialogue visuel qui transcende les langues et les frontières.
Lors du vernissage de cette Partie 1 le 18 juin, Vincent Abadie Hafez sera présent pour une performance et un échange avec le public. Il réalisera une œuvre participative in situ, dans l’esprit d’un palimpseste, comme un jeu autour du texte qui s’efface et réapparaît de façon aléatoire en fonction de l’intervention de chacun, dessinant une poésie imprévisible. Une belle allégorie de la transmission du récit, du texte témoignage, de la langue écrite, cet édifice commun auquel chacun ajoute sa trace singulière. Cette œuvre collective sur un support préparé en amont par l’artiste permettra de saisir toute la portée artistique d’une démarche qui réinscrit le temps long dans l’immédiateté fulgurante de la création, ouvrant la dimension d’une profondeur mémorielle. Une œuvre qui relie, par l’esthétique des mots calligraphiés de la langue des poètes, cette langue qui rassemble à l’heure où le langage fonctionnel et instrumental exclut toute subjectivité humaine.
Art Habité Partie 2, de début septembre à mi-octobre, dévoilera des œuvres d’une densité plus marquée, dont la temporalité est celle de l’instantané du graffiti. Les lettres calligraphiées dessinent ici les contours d’une architecture de lignes verticales, ou bien de silhouettes, entre abstraction et figures stylisées. La couleur irradie d’une fulgurance qui ramène l’artiste à la pratique instinctuelle et vandale du graffiti, dans l’élan d’un temps compressé. En atelier, Vincent Abadie Hafez travaille souvent le soir dans la pénombre, avec des peintures métalliques qui jouent des reflets et des surgissements de lumière. L’œuvre se révèle, imprévisible, aux premières lueurs du jour. L’exposition Art Habité Partie 2 s’ouvrira par une performance de l’artiste durant le temps convivial du vernissage, occasion de partager nos émotions face à l’énergie qui émane des œuvres créées pour cette deuxième séquence.
L'EXPOSITION ART HABITÉ SE DÉCLINE AU CLARIDGE.
Art Habité se décline également dans un second lieu d’exposition et d’intervention de Vincent Abadie Hafez à partir du 14 juin : l’hôtel Claridge sur les Champs-Élysées, un hôtel mythique témoin de la vie artistique et intellectuelle parisienne où ont séjourné icônes du cinéma, chanteurs populaires, jazzmen et women, peintres et écrivains. Depuis son ouverture après la première guerre mondiale, le lieu a construit sa légende au fil des passages d’une clientèle cosmopolite. Entre les murs des salons, des salles de réception, du jardin d’hiver, ont résonné les voies de Marlène Dietrich et Jean Gabin, Édith Piaf et Marcel Cerdan, Ella Fitzgerald, Ray Charles, Ernest Hemingway, Jean Cocteau, Colette, Salvador Dalí, Georges Simenon pour ne citer qu’eux. Un va- et-vient de célébrités en cette adresse incontournable de la plus belle avenue du monde, à l’image du rayonnement et de l’aura de Paris. Vincent Abadie Hafez va s’inspirer des murmures du Claridge, de son architecture art déco, de ses ornements en déclinaison d’or, de gris de blanc pour proposer une série d’œuvres sobres et épurées de formes géométriques jouant de transparences et de nuances de couleurs autour d’une gamme, toujours dans l’esprit d’une calligraphie stylisée. L’artiste cache parfois des textes, extraits d’écrits intemporels ou issus du patrimoine littéraire et artistique dans ses compositions graphiques. Aux spectateurs curieux qui abordent l’œuvre comme un mystère à explorer apparaîtront peut-être les mots d’une phrase venue d’une des figures qui ont traversé l’histoire du Claridge. Le titre de l’exposition Art Habité prend ici tout son sens quand l’artiste investit les lieux en honorant le récit mythique d’un hôtel emblématique de la vie parisienne. Art Habité au Claridge s’ouvrira par une performance de l’artiste lors du vernissage du 23 juin, moment de rencontre privilégié pour découvrir son travail et sa manière d’ « habiter » le Claridge, pour apprécier la résonance entre l’architecture du lieu et les compositions formelles imaginées pour l’occasion.
DEPUIS JUIN 2022
UN PARTENARIAT ENTRE HATCHIKIAN GALLERY ET QUAI 36
POUR DÉCLOISONNER LA PRÉSENTATION DES ARTISTES.
Hatchikian Gallery et la Maison de Production d’Art Quai 36 ont le plaisir de présenter l’artiste Vincent Abadie Hafez aka Zepha pour une exposition événement intitulée Art Habité, qui se déclinera à travers deux lieux : chez Quai 36 au sein du nouveau pôle culturel de la Fondation Fiminco à Romainville, destination artistique de l’est parisien, et à l’Hôtel Claridge sur les Champs- Élysées à Paris.
Après l’exposition Carte Blanche à Yann L’Outsider, Hatchikian Gallery et Quai 36 poursuivent leur collaboration pour mettre à l’honneur des artistes qui associent interventions murales et travail en atelier, dans une démarche résolument contemporaine qui entremêle l’indiscipline frondeuse venue de l’art urbain et la recherche picturale tendue vers l’abstraction.
L’œuvre de Vincent Abadie Hafez est inspirée d’une esthétique de la lettre calligraphiée, pour créer une langue visuelle singulière qui honore la source mémorielle du texte, manière de transmettre l’écriture du récit de l’humanité, tout en s’appropriant librement, par la vitalité des lignes, des courbes, des formes et des couleurs, une poésie graphique métissée qui transcende les cultures et actualise ce lien qui nous inscrit dans la temporalité d’un monde commun.
Vincent Abadie Hafez utilise différents supports : toiles, murs, « matrices » gravées sur zinc qui renvoient à l’idée d’un universel originel, bas-reliefs, qu’il travaille à l’encre, à la bombe, à l’acrylique, pour des effets de volume et de matière qui donnent aux lettres calligraphiées un élan particulier, composant un dialogue visuel entre les civilisations.
Chez Quai 36 (Romainville), l’exposition Art Habité se déroulera en deux parties, deux séquences pour explorer différentes références temporelles de l’œuvre. Art Habité Partie 1 se tiendra tout l’été du 18 juin au 3 septembre et présentera une série d’œuvres que l’artiste a imaginées comme empreintes du temps long, celui qui dans l’épure de l’abstraction étire l’écriture des origines jusqu’au futur à inventer, tissant un récit de la transmission enrichi de l’indiscipline créative
Lors du vernissage du 18 juin, Vincent Abadie Hafez réalisera une performance en initiant une œuvre collective et participative qui se révélera marquée de l’intervention de chacun, jouant de la dialectique du visible et de l’invisible des lettres qui s’effacent et réapparaissent à l’instar d’un palimpseste.
L’exposition Art Habité se décline en une scénographie parallèle à l’Hôtel Claridge à partir du 23 juin. Vincent Abadie Hafez va s’inspirer de l’histoire de cet hôtel emblématique des Champs-Élysées, témoin des mouvements de vie artistique parisienne tout au long du XXème siècle et dont les murs résonnent des éclats de voix des icônes de la littérature, de la musique, ou du cinéma qui ont laissé les souvenirs de leur passage. Les œuvres présentées, de plus petit format, trouveront leur place dans l’architecture et les éléments de design art déco du lieu – dont les façades et la toiture sont inscrites au titre des monuments historiques – avec des compositions sobres et épurées jouant d’effets de transparence et de déclinaisons de couleurs autour d’une nuance, toujours dans l’esprit d’une calligraphie stylisée rendant hommage au texte mythique, que l’artiste imagine à la manière d’une danse du pinceau. Art Habité au Claridge se dévoilera, durant le vernissage du 23 juin, par une performance inaugurale de l’artiste, occasion d’éprouver la résonance entre son œuvre et la singularité du lieu.
À l’heure où la langue se codifie et tend à devenir fonctionnelle, la poésie calligraphique de Vincent Abadie Hafez, d’où fusent des mots visuels, est réjouissante de significations multiples, d’équivoques, de nuances, et d’une beauté graphique qui s’annonce comme une résistance fondée sur ce que les racines communes qui nous habitent nous offrent de liberté : l’art d’habiter le monde.
Après Carte Blanche à Yann L’Outsider, exposition inaugurale de leur partenariat, Hatchikian Gallery et Quai 36 poursuivent leur collaboration avec ce nouvel évènement autour du travail de Vincent Abadie Hafez. Cette collaboration entre une galeriste et un producteur d’art a vocation à offrir aux artistes une mise en lumière exceptionnelle et la possibilité́ de développer de nouvelles directions révélant toute l’amplitude de leur travail et de leur propos esthétique. En décloisonnant l’espace d’exposition pour l’étendre hors-les-murs, en rendant l’art accessible à tout public, novice, amateur, collectionneur, afin de susciter un lien collectif fort tissé d’émerveillements esthétiques, c’est une visibilité́ inédite qui est proposée pour devenir un rendez-vous de la scène artistique émergente. Les scénographies élaborées en partenariat permettent d’explorer le parcours d’un artiste à travers les voies démultipliées de la création et les questionnements auxquels il se confronte pour mieux mettre en perspective le déploiement de son œuvre.
UNE ŒUVRE DE VINCENT ABADIE HAFEZ ENTRE DANS LES COLLECTIONS DU MUCEM.
Cette acquisition par le MUCEM est une belle reconnaissance du travail engagé et humaniste de Vincent Abadie Hafez, un artiste permanent de la Galerie Hatchikian.
Le Mucem Marseille, dans son esprit d’agora contemporaine, poursuit une politique d’acquisitions afin d’enrichir ses collections d’œuvres en lien avec les arts populaires concernant l’espace méditerranéen. Les projets d’acquisition sont présentés au comité des collections par les membres de l’équipe scientifique du musée, en examinant l’intérêt de l’œuvre du point de vue esthétique, historique, patrimonial ou culturel. Les œuvres qui reçoivent un avis favorable sont alors proposées à la commission des acquisitions composée de membres de l’administration du Mucem mais aussi d’autres institutions, ainsi que de conservateurs et d’experts. Le travail de Vincent Abadie Hafez, en mettant à l’honneur l’esthétique calligraphique des langues du bassin méditerranéen, a séduit le Mucem et c’est une œuvre réalisée en duo avec l’artiste Johan Vasquez qui va ainsi entrer dans les collections permanentes du musée emblématique de la cité phocéenne, être inscrite à l’inventaire et devenir inaliénable.
Les deux artistes, qui ont inauguré une collaboration à Casablanca en 2013, ont réuni leurs inspirations communes, sonores et graphiques, autour du texte mémoriel. Les « Écritures Sonores » sont des œuvres participatives, des installations qui entremêlent recherches sur la musicalité et gravure calligraphique sur différents supports. Le texte est ainsi déployé dans la beauté graphique et dans la sonorité d’une langue à la fois écrite et parlée, comme deux modes de transmission indissociables. L’œuvre de Vincent Abadie Hafez et Johan Vasquez qui fait l’objet d’une acquisition par le Mucem s’intitule Religare, ce qui relie, et c’est bien là tout le propos de la démarche artistique qui caractérise leur travail. L’œuvre se présente comme un moulin en estampes de calligraffitis réalisées sur des matrices de zinc qui, actionnées, entraînent un disque vinyle qui transcrit les sons gravés. Chacun peut interagir avec le dispositif et moduler l’effet sonore. Cette acquisition par le Mucem est une belle reconnaissance du travail engagé et humaniste de Vincent Abadie Hafez et Johan Vasquez.
VINCENT ABADIE HAFEZ, UN ARTISTE PERMANENT DANS LES COLLECTIONS HATCHIKIAN GALLERY.
Hatchikian Gallery compte Vincent Abadie Hafez parmi ses artistes permanents, et met à l’honneur l’évolution de son travail en atelier, inscrivant l’œuvre dans une recherche esthétique qui s’affirme et se singularise au fil des rencontres qui la nourrissent. Hatchikian Gallery avait présenté l’exposition ConneXe en 2019, mettant en regard l’esthétique typographique de Yann L’Outsider et celle – calligraphique – des œuvres de Vincent Abadie Hafez aka Zepha. L’exposition Art Habité sera une nouvelle manière de découvrir ou redécouvrir le travail de Vincent Abadie Hafez et d’apprécier son œuvre.
Autres Crédits visuels :
https://hatchikiangallery.com/exhibition/art-habite-partie-1-zepha-hatchikian-gallery-x-quai-36/
Esmeralda, 2019
Spray, acrylique et encre sur toile
94 x 84 cm
Waving III, 2019
Spray, acrylique et encre sur toile
120 x 80 cm
Sama, 2020
Acrylique et encre sur toile
193 x 202 cm
POUR EN SAVOIR PLUS
https://www.vincentabadiehafez.com/
Cosmopolite, le travail de Vincent Abadie Hafez est le résultat de métissages, aux confluences de plusieurs cultures. En 1989 c’est sous le pseudonyme de Zepha qu’il s’investit au sein du mouvement graffiti. C’est en banlieue parisienne qu’il commence à imposer son nom et celui de son équipe ; il ne s’arrêtera pas depuis… Il s’approprie l’espace public et bouscule certaines habitudes visuelles : un combat graphique utopique s’engage contre un système guidé par un libéralisme sauvage mangeur d’hommes et son enfant terrible, la publicité. Vincent Abadie Hafez développe un univers graphique et un langage visuel à travers lesquels se croisent l’influence du travail artisanal des anciennes civilisations, la calligraphie, l’immédiateté du mouvement de la figuration libre, la spontanéité de l’abstraction lyrique et enfin la prise de risque aléatoire du graffiti.
La calligraphie arabe influence fortement son travail par le biais de sa rencontre avec le calligraphe Marocain Abdelatif Moustad et sa découverte de l’artiste soudanais Ahmed Abdel Aal et de l’artiste irakien Hassan Massoudy. Avec le style Koufique animé et le style Diwani, il retrouve le travail de composition, d’équilibre des lettres et la gestuelle propre au graffiti. Un vocabulaire graphique singulier prend forme, révélant un juste équilibre du trait instinctif et de la composition réfléchie, avec comme base de recherche la lettre. Qu’elle soit latine ou arabe, celle-ci est déformée, détournée, reliée, mélangée, accumulée, pour aboutir à une forme d’écriture onirique et labyrinthique. Contrastes, oppositions et complémentarités enrichissent une production d’œuvres réalisées sur de multiples supports, usés par le temps, porteurs de mémoire, aboutissement d’un questionnement sur ce monde semblant oublier les principes mêmes de son existence.
INFORMATIONS PRATIQUES
Après l’exposition Carte Blanche à Yann L’Outsider, Hatchikian Gallery et Quai 36 poursuivent leur collaboration pour mettre à l’honneur des artistes qui associent interventions murales et travail en atelier, dans une démarche résolument contemporaine qui entremêle l’indiscipline frondeuse venue de l’art urbain et la recherche picturale tendue vers l’abstraction.
L’œuvre de Vincent Abadie Hafez est inspirée d’une esthétique de la lettre calligraphiée, pour créer une langue visuelle singulière qui honore la source mémorielle du texte, manière de transmettre l’écriture du récit de l’humanité, tout en s’appropriant librement, par la vitalité des lignes, des courbes, des formes et des couleurs, une poésie graphique métissée qui transcende les cultures et actualise ce lien qui nous inscrit dans la temporalité d’un monde commun.
Vincent Abadie Hafez utilise différents supports : toiles, murs, « matrices » gravées sur zinc qui renvoient à l’idée d’un universel originel, bas-reliefs, qu’il travaille à l’encre, à la bombe, à l’acrylique, pour des effets de volume et de matière qui donnent aux lettres calligraphiées un élan particulier, composant un dialogue visuel entre les civilisations.
Chez Quai 36 (Romainville), l’exposition Art Habité se déroulera en deux parties, deux séquences pour explorer différentes références temporelles de l’œuvre. Art Habité Partie 1 se tiendra tout l’été du 18 juin au 3 septembre et présentera une série d’œuvres que l’artiste a imaginées comme empreintes du temps long, celui qui dans l’épure de l’abstraction étire l’écriture des origines jusqu’au futur à inventer, tissant un récit de la transmission enrichi de l’indiscipline créative
Lors du vernissage du 18 juin, Vincent Abadie Hafez réalisera une performance en initiant une œuvre collective et participative qui se révélera marquée de l’intervention de chacun, jouant de la dialectique du visible et de l’invisible des lettres qui s’effacent et réapparaissent à l’instar d’un palimpseste.
L’exposition Art Habité se décline en une scénographie parallèle à l’Hôtel Claridge à partir du 23 juin. Vincent Abadie Hafez va s’inspirer de l’histoire de cet hôtel emblématique des Champs-Élysées, témoin des mouvements de vie artistique parisienne tout au long du XXème siècle et dont les murs résonnent des éclats de voix des icônes de la littérature, de la musique, ou du cinéma qui ont laissé les souvenirs de leur passage. Les œuvres présentées, de plus petit format, trouveront leur place dans l’architecture et les éléments de design art déco du lieu – dont les façades et la toiture sont inscrites au titre des monuments historiques – avec des compositions sobres et épurées jouant d’effets de transparence et de déclinaisons de couleurs autour d’une nuance, toujours dans l’esprit d’une calligraphie stylisée rendant hommage au texte mythique, que l’artiste imagine à la manière d’une danse du pinceau. Art Habité au Claridge se dévoilera, durant le vernissage du 23 juin, par une performance inaugurale de l’artiste, occasion d’éprouver la résonance entre son œuvre et la singularité du lieu.
À l’heure où la langue se codifie et tend à devenir fonctionnelle, la poésie calligraphique de Vincent Abadie Hafez, d’où fusent des mots visuels, est réjouissante de significations multiples, d’équivoques, de nuances, et d’une beauté graphique qui s’annonce comme une résistance fondée sur ce que les racines communes qui nous habitent nous offrent de liberté : l’art d’habiter le monde.
POUR EN SAVOIR PLUS
EXPOSITIONS SELECTIVES
DECOUVRIR LES ŒUVRES DE VINCENT ABADIE HAFEZ AKA ZEPHA
https://hatchikiangallery.com/vincent-abadie-hafez-aka-zepha/
https://hatchikiangallery.com/a-propos/
Quai 36
43, rue de la Commune de Paris
93230 Romainville
Hôtel Fraser Le Claridge Champs-Elysées
74, avenue des Champs-Elysées
75008 Paris
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