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MOHAMMAD ARIYAEI - MAGIC IN THE KINGDOM OF WOMEN
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> 11 JUILLET 2026 

GALERIE CLAIRE CORCIA - PARIS

 

À travers ses œuvres foisonnantes et vibrantes de couleurs, l’artiste iranien Mohammad Ariyaei invite le spectateur à pénétrer dans un univers où se rencontrent mythologie, spiritualité et mémoire familiale. Jusqu’au 11 juillet, l’artiste nous propose un regard nouveau sur les légendes iraniennes comme celles des femmes Jinns qui hanteraient les hammams la nuit.  Chloé Hamon

 

Né en 1987 à Ispahan, Mohammad Hossein Ariyaei grandit dans un environnement marqué par le soufisme et les traditions mystiques iraniennes. Sa grand-mère, qui pratiquait l’écriture de prières et transmettait des récits liés aux mondes invisibles, nourrit dès l’enfance son imaginaire.

 

Ces histoires peuplées d’esprits, de créatures fantastiques et de symboles ésotériques constituent aujourd’hui encore la source vive de son inspiration. Artiste autodidacte, il commence à peindre en 2013 et développe rapidement un langage plastique personnel et libre.

 

L’œuvre de Mohammad Ariyaei se distingue par une énergie débordante, il sature de manière harmonieuse et équilibrée l’image de personnages hybrides, d’animaux, figures légendaires et calligraphies.

 

Les figures humaines et le corps des femmes sont peints en noir, ainsi ils se détachent du fond rempli de couleurs. Les compositions sont denses mais les couleurs et le noir créent le contraste nécessaire à la lecture de l’œuvre. Les rouges, jaunes, bleus et oranges éclatants forment un univers incandescent qui oscille entre rêve et réalité.

 

Son travail convoque aussi bien la poésie persane que les traditions populaires iraniennes, tout en intégrant des influences qui semblent provenir de multiples cultures et époques. Les peintures se situent alors entre tradition et modernité.

 

Mohammad Ariyaei offre une peinture généreuse où la fantaisie devient une manière de comprendre le monde et d’en révéler les mystères. Des images comme The flight of the Queen with the help of an angel revisitent, de manière plus géométriques ou plus striés et avec des couleurs vives, des scènes empruntés aux manuscrits anciens.

 

L’artiste propose une nouvelle lecture et une redécouverte de ses mythes et de cette culture qui a façonné son pays, l’Iran. Il se positionne comme témoin mais également comme un diffuseur de cet héritage. L’œuvre the court’s obedience to Kiumars représente bien le mélange des cultures et mythes qui ont traversé le pays.

 

Ainsi, jusqu’en juillet la Galerie Claire Corcia permet de découvrir un artiste aux influences multiples qui donne vie à la culture iranienne au travers de formes et de couleurs variées.

 

POUR EN SAVOIR PLUS

Je m'appelle Mohammad Hossein Ariyaei.

Je suis né en 1987 à Golpayegan, une petite ville dans la province d'Ispahan en Iran, d'une famille de 9 personnes dont je suis le dernier.

Ma famille n'était pas une famille d'artistes, ce sont même des gens très simples.

Ma mère dit que quand je suis né il y avait beaucoup de neige et qu'elle me donna naissance, en chemin vers l'hôpital, sur la neige.

Mon père était marchand de fruits et c'était aussi un joueur, il buvait et était opiomane. Il était accro au boulot et quand il rentrait, tard, il nous frappait avec sa ceinture ou nous attaquait avec son couteau.

Quand j'avais 8 ans, je jouais avec deux amis imaginaires qui se trouvaient dans notre cour ou dans notre garde-manger. Je les voyais quand j'étais seul, je pensais que c'étaient des génies ou des fées.

Durant mon enfance, mon père ne me donnait pas d'argent et je ne pouvais pas trouver de travail car j'étais un enfant, alors j'ai dû avoir des relations sexuelles avec d'autres jeunes garçons pour de l'argent. Je n'aimais pas ça mais je n'avais pas le choix et plusieurs fois ils ont abusé de moi par la force, ça a été vraiment dur pour moi.

J'étais très romantique et je parlais toujours à ma grand-mère qui était une femme guérisseuse connectée aux génies.

Quand elle reçoit un client, elle place une assiette remplie d'eau, un vieux livre et un miroir, et un objet en métal assez grand avec un papier à damier derrière elle.

Elle m'a raconté des histoires fantastiques comme celle-ci.

Elle m'a dit qu'à l'origine nous sommes juifs mais qu'elle a dû accepter l'islam de force.

A 13 ans, j'ai eu envie de partir pour la grande ville pour y vivre. Ma famille n'était pas d'accord mais je suis parti pour Téhéran (la capitale de l'Iran) avant d'être diplômé. J'ai travaillé comme gardien d'immeuble. Durant la période où je travaillais là, je lisais les histoires d'Harry Potter et la plupart des nuits je les voyais dans mes rêves et j'avais l'impression d'appartenir à un monde imaginaire.

Après 4 ans je suis rentré dans mon village puis j'ai fait mon service militaire. Ensuite j'ai travaillé dans une laiterie et après ça j'ai travaillé pour l'entreprise Saypa qui produit des voitures.

Pendant ces années je suis resté en lien avec mes amis de Téhéran et j'ai découvert différentes idées et le mysticisme, par ex le soufisme et la franc-maçonnerie. J'ai changé complètement et j'y crois de tout mon cœur.

En 2013, j'ai rencontré chez des amis un illustrateur de livres pour enfants, il m'a encouragé à dessiner. Ensuite j'ai fait plusieurs tableaux sans enseignement académique ou autre...

Au bout de quelques mois, j'ai montré mes œuvres à un illustrateur et il les a acceptées parmi 10 peintres naïfs et sculpteurs autodidactes.

https://lesgrigrisdesophie.blogspot.com/2018/06/mohamad-ariyaei-artiste-iranien.html

Mohammad Hossein Ariyaei est né en 1987 à Ispahan, en Iran.

Dans son enfance, il grandit auprès de sa grand-mère qui pratique l'exorcisme et lui raconte de nombreuses histoires qui peupleront son imaginaire.

En 2013, il commence à peindre sur le conseil d'un illustrateur de livres pour enfants. Autodidacte, il ne s'est plus jamais arrêté de peindre.

Les œuvres de Mohammad Ariyaei sont incandescentes. Au cœur d'une figuration décomplexée, humoristique et dégentée, il se situe au carrefour de l'Orient, de l'Afrique et de l'Occident. Il y mêle aussi bien la poésie et la littérature persane, que les êtres humains et les animaux, et convoque en personne les philosophes et poètes perses tel Saadi et Hafez à la même table, par-delà le temps et l'espace, comme pour réconcilier l'esprit de la création et prendre appui et conseil auprès de ces illustres prédécesseurs.

 

La surface de l'œuvre est rythmée, saturée de signes et bouillonnant de références croisées entre les cultures et les arts visuels, poétiques, littéraires et musicaux. La composition verticale de certaines œuvres fait penser aux estampes japonaises et notamment au théâtre japonais peuplé de personnages drôles, outrés et tragiques. Mohammad Ariyaei nous livre un art tonitruant, frénétique tant dans le graphisme mêlant texte et image que dans la couleur énergétique, intense, fraîche et lumineuse. En effet, l'émotion naît de la couleur pure, chantante au travers des rouges, des bleus, des jaunes et des oranges appliqués avec liberté et désinvolture. La liberté du geste se perçoit dans les traits souples, déliés et les chevelures folles des personnages. Les écritures arabes s'envolent de toutes parts et participent à la composition graphique d'ensemble. L'œuvre de Mohammad Ariyaei est une partition vivante composée d'une farandole de couleurs exubérantes, de formes et de signes savamment orchestrés. L'œuvre est organiquement vivante, bruyante, comme éclairée de l'intérieur par la couleur.

 

Cet art extraverti présente un chaos puissamment maîtrisé, au bord de l'explosion, tout comme son créateur, un être à la fois jovial, lucide et grave au regard de l'histoire de son pays. Tel un cri de survie, il dépeint les drames de l'histoire humaine, ses questionnements, ses errances, son absurdité et son impuissance en tant qu'observateur de ses contemporains. Ce constat cinglant est néanmoins teinté de rire et de légèreté pour mieux inviter le spectateur à repenser le monde et porter un regard distancié sur l'amour, le désir, la trahison, la guerre et l'injustice des hommes.

https://www.artsper.com/fr/artistes-contemporains/albanie/92247/mohammad-hossein-ariyaei

 

Crédits photographiques et légendes

Mohammad Ariyaei, Tricking the devil , Acrylique sur toile, 2026, 50 x 70 cm, © Courtesy Galerie Claire Corcia

Mohammad Ariyaei, The court’s obedience to Kiumars, Acrylique sur toile, 2026, 50 x 70 cm, © Courtesy Galerie Claire Corcia

Légende de l’image mise en avant : Mohammad Ariyaei, The hero in the war with demons, Acrylique sur toile, 2026, 50 x 70 cm, © Courtesy Galerie Claire Corcia

Mohammad Ariyaei, The first meeting of the Prince and her lover in the forest, Acrylique sur toile, 2026, 50 x 70 cm, © Courtesy Galerie Claire Corcia

Mohammad Ariyaei, Le Bain, Acrylique sur toile, 2026, 50 x 70 cm, © Courtesy Galerie Claire Corcia

Article rédigé par la journaliste Colette Mary

Montage de l'article Franck Hantan, infographiste

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Galerie Claire Corcia

https://officiel-galeries-musees.fr/mohammad-ariyaei-magic-in-the-kingdom-of-women-galerie-claire-corcia/

323 rue Saint-Martin  75003  Paris

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